lundi 24 janvier 2011

Ecrits journaliers 1

But : Écrire quelque chose dans la journée, avec les dix mots choisis au hasard chaque matin.

Dégringoler
Effet de serre
Fou rire
Attraper
Les signes du zodiaque
Gicler
Beugler
Venaison
Trainard
Complet


Ce dialogue a été écrit pour être « joué » par deux personnes. Il faut le lire avec en tête, l'accent du sud bien exagéré. Quelques expressions catalanes se sont glissées dans les répliques (bun deo, da deo, qui signifient quelque chose comme « grand Dieu », ou « bon Dieu »), l'orthographe n'est peut-être pas la bonne.
L'USAP est l'équipe de rugby de Perpignan, Vernaison est un village non loin de Lyon.



« - Oh peuchère, et là il te l'a attrapé, il a sorti son couteau ! T'aurais vu tout l'sang qui a giclé !...
- Aie té ! C'est l'effet de serre ça, ça rend les gens toujours plus chauds, qu'ils ont dit à la télé.
- Mais non Fernand, t'as mal compris, mon vieux. C'est les ans qui sont plus chauds, pas les gens.
- Bonne mère oui, tu as raison. Mais c'est qu'ils parlent trop vite à la télé. Et qu'est ce qu'ils disent comme conneries ! Té ! Tu sais pas c'que j'ai entendu hier ?
- Quoi ?
- Que les chinois font du rugby !
- Non ?!
- Putain oh, j'étais sur le cul. Je l'ai entendu comme je t'entends, con : « Les signes de l'USAP chinois... », et en plus, ils ont le culot de piquer nos équi...
- Ah ah !! Arrête, arrête, par pitié ! Arrête !!!
- Mais cesse de beugler, tu veux ?!
- Oh non, Fernand ! Si tu continues, c'est le fou rire assuré !
- Mais quoi à la fin ?!
- Les signes de l'USAP... Ah ah ah ! T'as mal compris Fernand ! C'est les signes du zodiaque, pas les signes de l'USAP !
- Oh con, t'y es sûr ?
- Mais oui mon vieux ! Et puis les chinois, ça fait du sudoku, pas du rugby. Tu sais quoi ? Je crois que tu t'fais sourd.
- T'as p't'être raison, mon p'tit Maurice. Mon ouïe dégringole aussi vite que ma femme dans les escaliers.
- En parlant de ça, elle va comment ta Ginette ?
- Oh, on fait aller. Tu sais, elle est plus toute jeune, et depuis sa chute, le médecin lui a prescrit un repos complet.
- Putain oh, mon pauvre vieux. Et ça va, tu la supportes ?
- Pourquoi crois-tu que j'suis là, à te parler ?
- Aie té, tu marques un point là.
- Et toi Maurice, comment elle va ta femme ?
- Oh ça, mon vieux, depuis que j'lui ai crevé l'œil elle...
- HEIN ?!
- Aie bun deo, j't'ai pas raconté ? C'était au mariage de mon second fils. Oh con, il se marie à quarante-trois ans celui-là ! Ça m'étonne pas, c'était le trainard de la famille. De mon temps, fallait se marier à vingt ans, avoir des gosses à vingt et un et...
- Tu t'égares, Maurice.
- Dieu préserve, c'est qu't'as pas tort. J'disais quoi ?
- Qu't'as crevé l'œil d'ta femme. Déjà qu'elle était pas super, elle doit être carrément laide, là.
- Tu crois pas si bien dire... Ouais donc, j'étais au mariage de mon fils. Ils se marie à quarante-trois ans celui-là. Mais ça m'étonne pas, il a toujours été à la traine. Je me rappelle...
- Tu radotes, Maurice.
- Dieu préserve, c'est qu't'as pas tort. J'disais quoi ?
- … Ah.... Tu m'disais que t'as crevé l'œil d'ta femme.
- Aie et oui ! C'était au mariage de mon fils, il se marie à quarante-trois ans, à la ramasse comme tou... Ah ah ah !! Fernand ! Tu verrais ta tête, ah ah ah !! Comment veux-tu que j'garde mon sérieux, con ?
- …
- Ah ah. Oui alors j'ouvrais l'champagne, comme toujours. Et là, la Périnne elle vient, elle se plante devant moi et m'sort « tu pousses le bouchon un peu trop fort, Maurice ». Et là le bouchon saute, droit dans son œil.
- Oh !
- C'était pas jojo à voir, mon vieux.
- Ah !
- Et ça l'est toujours pas, d'ailleurs.
- Da deo, j'aurais aimé voir ça, té.
- C'est vrai qu't'en as raté une belle là. Pourquoi t'étais pas là, d'ailleurs ?
- Ah mon vieux ! J'mangeais le produit de la chasse du neveu d'la belle sœur du vieux Fred. Il chasse le gibier, il là il nous avait ramené une de ces venaison, au moins pour...
- Vernaison ?! Mais c'est taille de loin ça ! Pourquoi t'étais si loin, d'ailleurs ?
- Venaison, Maurice...
- Oui merci, j'suis pas sourd, moi ! Mais c'est loin Vernaison. C'pas dans l'Rhône, d'ailleurs ?
- D'ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs ! Et moi j'te dis que c'est VENAISON, pas VERNAISON ! Bourrique, va !
- Et aller, après c'est moi qui beugle.
- Et oh, tu vas pas commencer, té !
- … Mille dieux, Fernand ! Surtout te retournes pas, v'la Raymond qui arrive !
- Ahh non ! Vite, paye ! On part ! »

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