jeudi 1 décembre 2011

Astrologie

« Ne vous est-il jamais arrivé de vous demander ce qu'elles étaient ? Les étoiles. Perdues dans l'immensité.... Nous voient-elles aussi ? Minuscules êtres, perdus sur l'immensité de cette terre. Nous grouillons partout, comme elles. Les fourmis. Comme elles, nous sommes partout. Et pourtant, lorsque nous les voyons, nous les écrasons. Alors pourquoi ne nous écrasent-elles pas ? Les étoiles ? Elles sont comme nous, n'est-ce pas ? Partout. Partout dans l'univers.
_ Le faisiez-vous quand vous étiez petit ? Perturber les colonnes de fourmis ?
_ Pensez-vous qu'une fourmis souffre ?
_ …
_ Je le faisais pendant des heures. Je mettais mon pied et les regardais s'agiter. Avaient-elles peur ? Ou étaient-elles simplement agacées ? Je ne pouvais rester ainsi, sans réponse. Alors j'ai versé une marmite d'eau bouillante sur leur fourmilière. Et je les ai entendus.
_ …
_ Leurs cris.
_ Leurs cris ?
_ Même une fourmis a peur. Elles souffraient, et moi je les regardais. Savez-vous ce que j'ai fait à ce moment là ?
_ …
_ J'ai ri. »


« La dernière fois, vous ne m'avez pas parlé de votre métier.
_ Que voulez-vous savoir ?
_ Pourquoi l'avoir choisi ? Astrologue...
_ Je voulais simplement comprendre. Comprendre pourquoi elles ne nous écrasent pas. »


« Avez-vous peur ?
_ Peur de quoi ?
_ De la mort.
_ … Oui.
_ Tant mieux. Parce que vous aussi, je vais vous tuer. »


« Pourquoi tout ça ?
_ Il suffit d'une étincelle. Avez-vous déjà connu l'obscurité ?
_ …
_ Si vous l'aviez connue, vous comprendriez. Moi je l'ai connue. La véritable obscurité. Aucune lumière, nulle part. Pas même de l'espoir. Est-ce l'obscurité ou le néant ? Qu'importe, ces deux choses sont égales. Et puis... J'ai levé la tête. Elles étaient là... Mes étincelles. »


« Je ne sais toujours pas pourquoi vous avez fait ça.
_ Vous ne comprenez vraiment rien... »
Il souriait.
« Ce jour là, je les ai sauvées. Toutes ces fourmis.
_ Pardon ?
_ Que se passera-t-il quand elles ne seront plus là ? Vous ne savez pas ? Je vais vous le dire ; l'obscurité, le néant. C'est ainsi qu'elles nous écraseront. En nous laissant. »
A présent, il riait.
« Toutes ces personnes, ces hommes, ces femmes, ces enfants, vous comprenez à présent ? Je ne les ai pas tués n'est-ce pas ? Je les ai sauvés. Vous comprenez ? VOUS COMPRENEZ ?! »


« Alors docteur, vos conclusions ? Est-il fou ?
_ Non. »


« Je comprends. Mais tu n'y arriveras pas seul. »

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