dimanche 18 décembre 2011

Une histoire de dragons derrière un mur

« L'histoire commence en 2002, j'ai treize ans, et je trouve que dormir ne sert à rien. J'ai beau l'expliquer à mes parents, ils ne veulent rien entendre. Et pourtant, j'ai raison, n'est-ce pas ? Lire, jouer ou faire du bruit est bien plus intéressant. Et puis, un soir, ils m'annoncent avoir fait venir de très loin d'anciens amis. Ils veilleront sur mon sommeil, tapis derrière le mur de ma chambre. Deux grands dragons. Des dragons ? Ça n'existe pas ! Je me ris d'eux. Et je continue de me coucher tard.

Et pourtant, bien vite, je me rends à l'évidence ; ils sont là. Je les entends, le soir, gratter mon mur, guettant mon sommeil pour mieux me dévorer. Mais... Ils ne m'auront pas ! Je suis trop malin pour me faire avoir par deux malheureux dragons. Je m'équipe, je m'arme ; pistolet à eau, à billes, filet et lasso. Rien n'est de trop pour combattre un dragon.

Le soir, je me sens comme un prince courant au devant d'un vil dragon pour délivrer une belle princesse, ou pour voler son trésor. Dans mon cas, pas de princesse ni même de trésor ; c'est moi que je dois sauver. Et même si le soir, j'arrive à les repousser, je les vois, pendant la journée... Ils me suivent, m'épient. Je sens leurs yeux sur ma nuque, mais lorsque je me retourne, ils ont déjà disparus.

Et mes parents ne me croient pas, ou plutôt refuse de voir le danger qu'ils ont lâché sur moi. Ils ne veulent pas accepter que, si je baisse ma garde, leurs dragons m'auront. Je ne me laisserais pas faire ! Si je ne peux les repousser, je les tuerai. C'est aussi simple que ça.

Mais que faut-il pour tuer des dragons ? Où me procurer les armes ? Réponse évidente puisque, comme beaucoup d'adultes, mon père en possède. Après avoir cherché un peu, je la trouve enfin, dans un endroit si évident que j'en viens à me demander si les adultes sont réellement intelligents. Je me l'approprie, et la cache sous mon oreiller. Cette nuit sera ma libération, après des mois d'oppression.

Le soir venu, je me couche en hâte, au grand étonnement de mes parents. Et je fais semblant de dormir, pour les attirer. Ces dragons, que je me dois d'anéantir ; je sais qu'ils sont là, je les entends... Ils arrivent. »

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