dimanche 9 février 2014

Anonyme

Anonyme


En regardant passer les gens,
Je repense à ce moment
Qui a fait naître en moi la peur,
Le dégoût et la douleur.

C'était une belle matinée
Il m'a demandé à sortir,
Comme une conne j'ai accepté
Encore maint'nant je n'peux en rire.

Dans un coin il m'a embrassée
Et tout en moi a refusé.
Je voulais qu'il me lâche, me laisse
Mais surtout pas qu'il touche mes fesses.

Alors comme d'habitude j'ai fuis
J'ai simulé la maladie.
Mais mon répit n'a pas duré,
Très vite je dus y retourner.

Je l'ai suivi naïvement
Dans l'appart' vide de son cousin.
Un appart' vide ? C'était certain,
Mais pas pour mon esprit d'enfant.

Ce n'est qu'une fois la porte fermée,
Que j'ai compris qu'j'étais coincée ;
Il m'a dit sans ménagement
De retirer tous mes vêtements.

Prise de panique j'ai voulu fuir
Mais je ne pus y parvenir ;
La porte était fermée à clé
Et c'est contre elle qu'il m'a plaquée.

Le coup violent qu'il m'a donné
M'a empêché d'me défiler.
Alors, pantelante et sonnée,
Je n'ai pas pu le repousser.

Ça s'est passé trop rapid'ment,
Je ne sais pourquoi ni comment,
J'étais torse nu, le bas ouvert
Et lui en sang, gisant à terre.

Je suis sortie à demi nue
Et sans réfléchir j'ai couru.
Loin, plus loin, jamais assez,
Puis j'ai fini par m'arrêter.

Je sentais mes lèvres gercer,
Mon corps hurler, ma peau brûler,
Je ne pouvais tarir mes pleurs,
Au fond de moi enflait l'horreur.

J'ai fait couler un bain trop chaud
Et j'ai frotté très fort ma peau.
Bien vite l'eau devint rouge.

Je suis restée là sans bouger
Dans ce bain de sang et de lambeaux
Et malgré l'absence de ma peau,
Je le sentais encore me toucher.

Et aujourd'hui, sept ans après
En repensant à ce jour noir
Je me surprends sans trop y croire
A frotter les endroits blessés.

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